Sur un chantier de rénovation ou dans un logement neuf, on tombe souvent sur le même dilemme au moment de raccorder le tableau de communication : faut-il câbler les prises RJ45 en T568A ou en T568B ? La réponse courte, c’est que le choix A ou B n’a plus d’impact fonctionnel sur le réseau domestique actuel, à condition de respecter une règle absolue : ne jamais mélanger les deux schémas sur une même installation.
Pourquoi le terrain a tranché en faveur du T568B
Les concurrents alignent des tableaux comparatifs entre T568A et T568B sans dire ce qui se passe réellement dans les coffrets de communication. En pratique, depuis quelques années, la quasi-totalité des installations neuves en France sont câblées en T568B sur l’ensemble du réseau VDI.
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La raison est pragmatique. Les cordons de brassage vendus dans le commerce sont presque tous sertis en B. Quand un technicien intervient pour un dépannage ou un ajout de prise, il retrouve un schéma cohérent avec le matériel qu’il a dans sa sacoche. Uniformiser en B réduit les erreurs de maintenance et les pertes de temps.
La norme NF C 15-100 s’appuyait historiquement sur le T568A comme référence résidentielle. Sur le terrain, cette recommandation a été largement supplantée par l’usage. Plusieurs intégrateurs VDI confirment que standardiser un seul schéma sur tout le réseau compte bien plus que le choix du schéma lui-même.
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Code couleur T568B : ordre des fils sur la prise RJ45
On regarde la prise de face, ergot vers le bas, et on numérote les contacts de gauche à droite (1 à 8). Voici l’ordre des fils en T568B :
- Contact 1 : blanc/orange, contact 2 : orange (paire 2)
- Contact 3 : blanc/vert, contact 4 : bleu, contact 5 : blanc/bleu, contact 6 : vert (paires 3 et 1)
- Contact 7 : blanc/marron, contact 8 : marron (paire 4)
La différence avec le T568A tient à une simple inversion : la paire orange et la paire verte échangent leurs positions. Les paires bleu et marron restent identiques dans les deux schémas.
Sur les noyaux Keystone ou les prises murales, les repères de couleur sont sérigraphiés directement sur le plastique, avec souvent les deux variantes (A d’un côté, B de l’autre). On suit la rangée correspondant au schéma choisi, et on enfonce chaque fil dans la fente prévue.
Câblage RJ45 étape par étape : méthode terrain
Préparer le câble
On dénude la gaine extérieure sur environ trois centimètres, pas plus. Trop dénuder dégrade la performance du câble en réduisant l’effet de blindage au plus près du connecteur. On sépare ensuite les quatre paires torsadées sans les détorsader au-delà du strict nécessaire.
Conserver la torsade au maximum jusqu’au point de raccordement est la consigne la plus sous-estimée. Chaque centimètre de fil déparé augmente la diaphonie entre paires et peut provoquer des erreurs de transmission, surtout en catégorie 6 ou 6A.
Insérer les fils dans le noyau
On place chaque fil dans la fente correspondant au code couleur T568B sérigraphié sur le noyau. Pas besoin de dénuder les fils individuels : l’outil d’insertion (ou le capot à pression sur certains modèles) tranche l’isolant et établit le contact.
On pousse chaque fil jusqu’au fond de la fente avant de refermer ou de poinçonner. Un fil mal enfoncé donne un faux contact intermittent, le genre de panne qui rend fou parce que le lien fonctionne une fois sur deux.
Matériel à prévoir
- Un dénudeur de câble (éviter le cutter qui risque d’entailler les fils intérieurs)
- Un outil d’insertion (punch-down) ou un noyau à connexion rapide sans outil
- Un testeur de continuité pour vérifier les huit fils avant de refermer la plaque murale
- Des câbles de catégorie adaptée au débit visé (Cat 5e pour du Gigabit, Cat 6 ou 6A pour des liaisons plus exigeantes)

Tester le câblage RJ45 : ne pas sauter cette étape
Un testeur de continuité basique coûte quelques dizaines d’euros et vérifie que chaque fil arrive sur le bon contact à l’autre extrémité. On branche le testeur d’un côté, le module distant de l’autre, et les LED s’allument dans l’ordre (1 à 8) si tout est correct.
Un fil inversé entre les contacts 3 et 6, par exemple, transforme un câble droit en câble croisé partiel. La plupart des équipements récents (switchs, box, PC) gèrent ce cas grâce à l’auto MDI-X, mais un câblage propre ne devrait pas dépendre d’une correction logicielle. Sur certains équipements plus anciens ou sur du PoE, une inversion de paire peut poser un vrai problème.
Si le testeur signale un défaut, on rouvre la prise et on vérifie fil par fil. Dans la majorité des cas, un seul fil est mal enfoncé ou placé sur la mauvaise fente.
Mélange T568A et T568B : ce qui se passe concrètement
Si les deux extrémités d’un même câble sont raccordées avec le même schéma (A-A ou B-B), on obtient un câble droit classique. Si on mélange (A d’un côté, B de l’autre), on fabrique l’équivalent d’un câble croisé.
Avec l’auto MDI-X présent sur la quasi-totalité des cartes réseau et switchs actuels, un câble croisé accidentel fonctionne quand même. Les retours varient sur ce point pour les installations PoE ou les équipements industriels plus anciens, où l’inversion de paires peut générer des dysfonctionnements.
La bonne pratique reste simple : on choisit un schéma, on le note sur le coffret de communication, et on s’y tient pour chaque prise du logement. Coller une étiquette « T568B » dans le coffret prend cinq secondes et évite toute confusion lors d’une intervention future.
Pour une installation réseau domestique en 2025, le choix du schéma A ou B pèse bien moins que la rigueur d’exécution. Un câble correctement dénudé, des fils torsadés jusqu’au dernier millimètre, un test systématique sur les huit contacts : c’est ça qui sépare un réseau fiable d’un réseau à problèmes intermittents.

